Cambodge

Banlung & Sen Monorom

Janvier 2017

Les villes de Banlung et Sen monorom

Sen Monorom et Banlung, deux villes situées dans les régions montagneuses et reculées de l’est du Cambodge, offrent aux voyageurs une expérience immersive au cœur de la nature et des cultures indigènes.

Sen Monorom, capitale de la province de Mondulkiri, est connue pour ses paysages époustouflants de collines verdoyantes, de cascades et de forêts luxuriantes. La région est habitée par les Bunong, une ethnie minoritaire qui conserve un mode de vie traditionnel. Les visiteurs peuvent explorer la culture locale à travers des visites de villages et participer à des activités écotouristiques comme la randonnée et l’observation d’éléphants dans des sanctuaires éthiques, où ces majestueux animaux sont protégés. Sen Monorom est également célèbre pour ses cascades, notamment Bou Sra, l’une des plus grandes et impressionnantes du pays.

Banlung, la capitale de la province de Ratanakiri, est quant à elle un paradis pour les amateurs de nature sauvage. Située dans une région couverte de forêts denses et de terres rouges, Banlung est réputée pour le lac volcanique Yeak Laom, un cratère rempli d’eau limpide, entouré de forêts tropicales. Les environs abritent des minorités ethniques comme les Kroeung, dont les traditions et les maisons communautaires uniques intriguent les visiteurs. La ville est également un point de départ pour des excursions vers des cascades cachées, des forêts protégées, et même pour des expéditions dans la jungle profonde.

Sen Monorom et Banlung sont des destinations idéales pour les voyageurs en quête d’aventures authentiques, de paysages spectaculaires et de rencontres avec des cultures préservées.

La dernière étape

Une rencontre hors du commun

Ma visite à Sen Monorom a été en tout point décevante. Je choisis d’y rester six jours, sachant qu’il y a la possibilité d’aller voir des éléphants. Je trouve sur Booking des cabanes en guise de chambres et me laisse tenter par l’expérience.

Première erreur : les cabanes sur pilotis sont exposées au vent. Autant dire que toute la nuit, je suis secoué. Un peu excentré par rapport au cœur de la ville, je dois me déplacer à pied pour m’y rendre. Sur la route, un groupe d’hommes en train de boire m’interpelle et m’invite à boire avec eux. Je me laisse aussi tenter.

Deuxième erreur : l’hôte est complètement ivre et me propose sa femme. Je fais mine de ne pas comprendre et prétexte un truc à faire en ville pour m’extirper de cette situation. Il se met en colère, expliquant dans un anglais approximatif que c’est insultant. Heureusement, l’un de ses amis le calme et me propose de trinquer pour apaiser les esprits. Enfin, le sien… moi ça va. J’explique que je dois vraiment y aller. Je ne leur dis pas que j’ai faim, car il risquerait de sortir la table et la nourriture. Je salue tout le monde et file rapidement.

La seule bonne expérience vient du marché. Il est en partie couvert par des bâches qui filtrent la lumière, donnant une ambiance tamisée avec des percées de lumière par endroits. À mon retour, il commence à faire nuit.

Troisième erreur : je suis suivi par une bande de chiens errants affamés, qui manifestement me voient comme un repas du soir. Ils se rapprochent dangereusement malgré mes menaces, se rétractent puis se rapprochent à nouveau. Et je suis encore un peu loin de ma cabane. À ce rythme, je n’aurai pas le temps d’arriver avant qu’ils ne lancent une attaque. Et une morsure de chien errant, ça doit vraiment être un truc que je ne veux pas vivre. Heureusement, un homme à scooter qui passe par là se rend compte de la situation et s’arrête pour me ramener. Ouf, c’était moins une.

Et je dois tenir six jours. Fort heureusement, le responsable me change de cabane et m’installe à l’abri du vent.

Banlung, en revanche, qui est vraiment la toute dernière étape avant de passer au Laos, me fait vivre une expérience humainement très spéciale. Je suis hébergé chez un Cambodgien parlant un français presque impeccable. C’était un pharmacien dans les années 70, avant Pol Pot et sa bande. Cette guerre lui a tout pris, y compris sa femme et ses enfants. Tous morts. Ayant visité le collège S-21 et ressenti la portée de la tragédie, je n’ose imaginer ce que cet homme a pu traverser.

Pourtant, il me raconte son histoire avec un détachement qui force le respect. Même en me décrivant les pires horreurs, il dégage une profonde humilité et même de la reconnaissance. Je n’ai jamais vécu de tragédie, je n’ai jamais connu la guerre et encore moins l’esclavage. Mais ma visite au S-21 m’a terriblement marqué et peiné. Son récit rajoutait une autre dimension à cette histoire, et j’espère ne jamais être confronté à de telles horreurs.

En plus de cela, il est de très bon conseil. Il m’invite à visiter le lac et à en faire le tour. Mais ce lac, comme certains lieux, est recouvert de détritus. En faire le tour me permet de faire quelques photos sympathiques à certains endroits, mais il est clairement mal entretenu. Il me propose également de visiter une montagne au coucher du soleil, pour un point de vue magnifique. Le ciel devient carrément rouge avec des accents orangés. C’est juste magnifique. Je fais quelques photos, mais je reste surtout là pour admirer le spectacle.

Deux jours sont passés et je fais mes adieux à ce pays. Au petit matin, direction le Laos.

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